Kiana

Deux ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que cette rencontre redevienne une séance.

J’avais croisé Kiana à ma reprise photographique fin 2023 — un de ces moments où l’on sent immédiatement qu’il y a quelque chose à construire ensemble. En janvier 2024, nous avions shooté une première fois : des portraits, une complicité naissante, et une image en particulier qui avait résonné fort sur Instagram — elle, assise au sol, torse nu, dans une lumière presque suspendue. Une photo simple, directe, et pourtant habitée.

Depuis, nous étions restés en contact. J’avais suivi son parcours de loin, et j’avoue avoir été sincèrement impressionné par les choix qu’elle a faits. Kiana a su s’entourer de photographes exigeants, des artistes qui vont dans le sens de sa propre vision — pas dans celui du nombre de likes. C’est rare, et c’est quelque chose que je respecte profondément chez elle.

Alors quand l’idée de re-shooter ensemble a refait surface, ce n’était pas une question de si, mais de quand.

Ce quand, c’était fin février dernier. Deux ans après notre première séance.

Ce que je vous propose aujourd’hui est un premier extrait de ce travail — des images volontairement artistiques, expérimentales, dans une lumière sombre et sculpturale. Des photos qui ne cherchent pas à tout montrer, mais à laisser exister ce qui est là. La suite viendra.


Regard sur la photo — Référence artistique

En regardant cette image, je pense immédiatement à Helmut Newton — non pas dans sa provocation frontale, mais dans cette façon qu’il avait de traiter le corps féminin comme une architecture. La lumière rasante qui découpe les épaules, le contraste brutal entre l’ombre et la peau, la pose à la fois vulnérable et souveraine : tout cela évoque l’esthétique de ses « Big Nudes » ou de ses séries en clair-obscur des années 80.

Mais il y a aussi quelque chose de plus contemporain ici — une retenue, une intimité — qui me rapproche davantage du travail de Paolo Roversi, maître de la lumière douce et de l’instant suspendu. Le regard de Kiana, levé vers une lumière hors champ, capturé dans cette pénombre quasi totale, a cette qualité de l’instant volé, presque pictural, qu’affectionne Roversi dans ses portraits pour Vogue Italia.

Entre Newton et Roversi, cette image trouve sa propre voix : sensuelle sans être démonstrative, sombre sans être froide.

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